Fuir la honte 6

Au delà de l’interdit… j’ai tout simplement peur de parler, ce qui semble bizarre. Au début, je pensais que c’était dû à une timidité exacerbée…mais par quoi…quand on dit « Parle ! », je perds tout mes moyens et mon cerveau se vide de tout. C’est comme si je disparaissais et je devient donc un zombie.

Quand je pratique un sport en salle ou en extérieur, il m’arrive d’avoir une sensation d’écroulement et une profonde tristesse s’empare de moi. Des fois j’ai l’impression de fonctionner à l’envers…

 

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En marchant beaucoup, j’ai pu remonter, difficilement, le fil de mon histoire et une partie des  refoulements. Et si plonger à la source des maux était fastidieux, les émotions associées remontaient aussi à la surface et ce qui était une angoisse généralisée se transforma en peur panique et douloureuse. Le suicide de mon père m’a profondément marqué. Je l’ai découvert pendu, j’avais 27 ans. Cela clôturait une série infernale de décès dans la famille qui commença deux ans plus tôt. Sur le moment je ne me rappelle plus ce que j’ai ressenti mais maintenant j’éprouve une immense tristesse et la peur de la mort. Un dégout profond aussi pour la société en général et finalement même pour l’Amour qui peut être très cruel à certain moment. De même, je tombe très difficilement amoureux, je me protège beaucoup car les séparations mon vraiment détruit. Et quand cela arrive…et bien ça ne marche pas non plus, tout simplement parce que j’ai peur de parler. Et j’en éprouve une horrible honte… Continuons à creuser…en évitant le regard de la Gorgone.

 

En écho au de là du vide publié il y a quelque temps…

 

 

Fuir la honte 4

Long est le chemin…

Suite de l’épisode précédent Honte 3.

Les autres épisode Honte 2

et Honte 1

 

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Je  me réveillais dans cet hôpital en pleine confusion comme un mauvais rêve. J’arrachais les baxter sans me rendre compte de ce que je faisais. Ma mère, qui me veillait, hurlait au secours et engueula l’infirmière qui devint toute pâle mais réagit promptement en calmant ma mère, appelant d’urgence un médecin qui a dû m’administrer un sédatif. Il y avait du sang partout mais maintenant je m’en souvient que partiellement. Je me rappelle plus de la peur que de la douleur. Cette peur des aiguilles qui ne m’a plus vraiment quitté…

Je sombrait à nouveau dans un profond sommeil…

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On diagnostiqua au début une leucémie, mais il n’en était rien. Je n’avais pratiquement plus de globule rouge dans le sang mais les globules blanc n’y étaient pour rien. Je subi deux ponctions lombaire (Le plus douloureux, c’est la piqure pour endormir, ensuite c’est juste bizarre) pour affiner les résultats et le verdict fut une anémie hémolytique, la maladie de minkowski et chauffard, drôle de nom.

On me remplaça deux fois le sang ( à la fin je m’y habituais ) Et je passais ensuite à un régime alimentaire progressivement et principalement carné.

Et je sorti tout rouge de l’hôpital

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Je repris un peu de poids mais j’étais toujours nul en sport. Toute mon enfance à été marquée par une faiblesse permanente qui compromettait mon développement physique. C’était humiliant d’être le plus nul en sport et faible en quasi permanence. Même les efforts mentaux comme l’étude me donnèrent de violents maux de tête. D’où le ratage régulier des examens…autant d’années d’école perdues. Par contre, le jeu de rôle me permis de « soigner » assez efficacement la peur des autres et la rencontre de nouveaux amis. Cette phobie sociale disparaissait progressivement…mais il en restait une autre plus profonde et franchement handicapante qui se développa insidieusement en minant ma personnalité.

Mais difficile de la cerner, de mettre un mot dessus…j’avais toujours peur des adultes, de l’autorité, et j’étais de plus en plus confronté à des » absences ». Après plusieurs années de psychothérapies foireuses, mon anxiété ne cessait de grandir. je perdis tout au final. Mon épouse me quitta, je n’osait plus voir mes enfants, je perdis ma maison, mes meubles, mes livres, des dessins, des peintures, des souvenirs, mon boulot et sombrait dans une dépression assez atypique. Et je ne pouvais que constater en spectateur médusé sans plus aucune réaction ma chute et ma ruine. Et impossible d’aller au delà de cet état. L’anxiété  gagnait mon quotidien et mes nuits. Certain moment devenait de véritable combat contre la panique. Je devais marcher de plus en plus longtemps pour calmer ce mal. Mais la marche stabilise la réflexion ce qui me permis de remonter laborieusement à l’origine.

ang_05Mon orthographe est foireuse mais je travaille dans l’urgence, comme un dernier souffle…

A suivre donc…

 

 

Fuir la honte 3

Longtemps… la pause…, mais relever les dominos de la mémoire peut être douloureux car à chaque apprentissage de la vie (que je distingue de l’apprentissage intellectuel) , bon ou mauvais, est associé une émotion qui permet d’être gravé dans la mémoire et qui déterminera le comportement. Sans émotion, pas d’apprentissage. Et face à certaine situation de la vie, surviennent des blocages pratiquement insurmontables…surtout quand bizarrement on ne ressent rien par rapport à ses situations. Et donc on comprend que dalle.  Le vide émotionnel est une horreur en fin de compte.  Je vais tout doucement évoquer la sidération et tenter, à mon point de vue, d’expliquer ou révéler les mécanismes qui ont amené à cet état mortifère.

Les rêves sont de bon révélateur de cet état, si on les interprète convenablement. Il n’y a aucun livre de recette et la seule interprétation possible est la sienne…car nous sommes tous unique et ce qui est valable pour quelqu’un ne l’est pas pour l’autre. Cela fait maintenant un peu plus de 10 ans que j’écris mes rêves sans les interpréter et leur signification devient peu à peu claire maintenant. Cela demande une bonne connaissance de soi et des autres car même si on est incomparable, les attitudes, comportement et l’image que les autres ont de soi sont très importants pour cette quête de vérité.

J’ai rajouté une image à l’épisode précédent, car souvent dans mes rêves, je suis confronté à un fleuve que je dois traverser. La plupart du temps, j’y arrive. Mais des fois non…la vie est un  long fleuve pas toujours toujours tranquille et où il n’y a pas toujours des ponts…Pontifex minimousse \o/

 

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Trois épisodes qui expliquent l’état de délabrement actuel. Je vais revenir sur celui de mes onze ans. Très spectaculaire, une expérience quasi mystique car je fut reçu à l’hôpital en état de mort clinique…après trois semaines de migraines violentes et de vomissements journalier. J’étais dans un état physique déplorable, ne pesant plus que 18 kg pour un mètre 40.

Nous sommes un peu avant Pâques, au printemps 1978…depuis un mois je suis alité et donc pas à l’école…c’est important pour la suite. Je ne sais plus rien avaler. Même l’eau me fait vomir. Je suis de moins en moins conscient. La douleur à la tête est atroce. A un moment, je sent qu’on me porte, je sent de l’urgence…

Tout se ralentissait autour de moi. Je me rappelle juste d’une civière et que je ne bouge quasiment plus. Même les voix sont ralenties. Tout devenait flou et de plus en plus lumineux. Une douce chaleur m’environnait progressivement et les douleurs s’estompaient, la souffrance disparaissait. Une femme blanche diaphane, éthérée, apparu à côté de moi et m’enlaça de ses bras doux et chaud. Ce n’est pas ma mère, elle est beaucoup trop grande et un peu transparente…et plus jeune aussi…et toute tout blanche, peau et cheveux compris…

Je part…

 

Tout devient blanc…

 

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puis plus rien…

plus de son, plus de sensations…ni vide ni plein…le néant

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Après un temps indéterminé, je me réveillais…

 

Petite pause

 

Le désir de l’autre passe par soi, la connaissance de soi se transforme en désir d’être, et c’est par le partage de la connaissance de soi que surgit le désir de l’autre et donc connaissance de l’autre. Et tout s’élève par réciprocité…

 

 

 

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Un abyme de réflexion…gérer l’oubli…

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et la déconnexion…

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Fuir la honte 2

Suite de l’épisode précédent…

Quelque chose aussi qui a à voir avec la honte et le dégout de soi…le psoriasis.

 

ang15A propos des masques, une artiste imprime des masques en 3D contre la peur et le manque d’estimeclic

 

 

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Je disparais dans un monde imaginaire ? Non même pas. C’est plutôt inimaginable, je ne sait pas ou je suis. Une sorte de désert balayé par les vents. Ni chaud ni froid, ni jour ni nuit. Comme si le temps n’existait pas ! Ca me fait penser au monde de Xanth, quand on se fait piéger par l’ombilic de la gourde hypnotique…

ang26Je me rend compte que finalement j’écrivais juste pour écrire. Le dessin aussi. Mais finalement, le projet et le concept ne se conçoivent que quand on a résolu tous les problèmes primaire de l’existence…Je fuyais loin de multiples traumatismes…Le savoir est là mais l’étant n’est plus là. Plus de substance ou de conscience, rien que de l’inconsistance. Et sans cette base là, il ne peut y avoir de projet – concept – création et évolution ! Enfin, très peu. J’ai vécu plus ou moins avec ce genre de mode d’existence « décalé », en extase !  Littéralement !  Condamné à vivre sans joie, faible, …à part être « artiste super sensible, je ne peux rien faire d’autre »…sentiment de dégout mêlé à la tristesse…

Saloperie d’émotions…

 

Fuir la honte

De peur qu’elle remonte…

Il y a différentes raisons d’écrire, de dessiner, de peindre ou de jouer de la musique. Pour les autres, pour soi, pour guérir et se guérir . Ou tricher avec soi même. Je pèse donc je suis = être à la masse de son existence.

Putain d’angoisse, putain d’errance…Cette angoisse qui te tenaille, c’est le mot, au pourtour du dos, qui monte et irradie du plexus solaire et se ramifie sans concessions jusqu’à la petite pointe de chaque nervure du corps. Et quand je recherche l’origine, le fond de l’œil gauche me taraude, les tripes se tordent, mon estomac se contracte comme sous l’effet d’un coup de poing. Tout cela me fait horriblement mal et les pensées deviennent folles au point de souhaiter la mort. Le cœur bat à tout rompre, les cellules nerveuses se surchauffent d’électricité à la limite de la disjonction. Comme on vient de donner un coup de pied dans la fourmilière, c’est la panique à tout les étages…

Et maintenant j’ai l’impression d’être un pylône qui s’est pris la foudre, enfin, 36 éclairs de foudre d’un seul coup comme si tous les orages ont décidé d’éclater au même moment, pile poil au dessus de ce pylône…

Et donc pendant des années j’ai fui. J’ai marché des heures durant, sans but sauf celui d’apaiser cette souffrance. Et ça marche ! Ça apaise mais aussi ça épuise, évacue le problème mais ne le résout pas. Maintenant je risque de me répéter souvent…Les émotions remontent à la surface, violentes…Marre de ce dégout, de ces angoisses qui me rongent depuis ma prime enfance…De cette peur permanente de dire le mal, de la tristesse de ne pas pouvoir dire. Sortir de sa zone d’inconfort, du bunker, de la tranchée. Survivre n’est pas vivre…

 

 

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Peur de dire la honte ou peur de dire tout simplement…accepter malgré tout ou soi d’être lâche et de voir disparaître tout ce qu’on a. La peur me fait peur et me paralyse…je disparais de moi même…

Le salut est dans la fuite.


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Sur le même sujet : Vide       bds04

Et une continuité de la peur  : c108