Plus rien ne bouge

3,14 passé, tant pi, l’onde trépasse comme un perpétuel éphémère souvenir. Comme une lumière fugitive laissant la lanterne vide de sa source. L »écluse n’est plus qu’une ruine sauvage, aux bassins remplit d’une onde stagnante. Des restes d’électricité crépitaient dans les nervures de câbles arrachés. Une boule de lumière bleuté palpitait au dessus des infrastructures, ponctuée de soubresauts sporadiques. Tout d’un coup elle chancela et se précipita au-delà de l’horizon, auréolant le crépuscule d’un noyau orangé.

t06

Fusain et pigments ocre et oxyde ferrique sur carnet A5

Un désir étrange montait en moi et j’eus l’agréable sensation de vouloir à tout prix me fondre dans le sol. Je m’interrogeais et une porte s’interposa entre moi et ma décision. Elle me regardait de travers, légèrement hautaine, avec un mépris calculé et une suffisance pointue. Je m’approchais, lentement, avec l’incroyable espoir absurde que la porte esquive le pas, s’ébranle sur sa base séculaire et remette en question la pérennité de sa fonction. Mais il ne sert à rien de parler aux portes closes. Car la zone d’influence conique de toute progression croissante d’une dialectique quelconque tombe dans un puits à courant d’air en tournoyant sur des gonds invisibles.
Ma radio est grillée. les ombres ont rempli l’atmosphère et dégoulinent en flots vagues sur les reliefs les plus rébarbatifs. Je décidai de faire un feu et trouvait assez de bois mort dans ce désert de montagnes. Outre moi et quelques herbes sèches, il n’y avait pas grand-chose de vivant. Le feu complice trouble les ombres. Les ombres adorent les feux complices car elles se mettent à danser au rythme des flammes à moins que ce soit un langage hypnotique dont la sensibilité m’échappe. Je me laisse à la somnolence et je rêvais. Les ombres tissèrent une structure de plants anthracites complexe avec adjonction de miroir gras et profond bouleversant la logique du paysage terrestre. La porte s’en plaignit et poussa une complainte lugubre et presque tactile. Des nappes de fumées caressèrent le creux des vallées telle une chienne en chaleur montrant ses dents. Les sons s’estompèrent, englués dans les reflets des miroirs. La gravité devint de plus en plus forte et présente jusqu’à disparaître.

Je me réveillait, reposé mais transi, la fumée n’étant plus en chaleur, balayant les restes grillés de matières oniriques…

Extrait : Angel de Massive Attack repris dans Pi  π  d’Aronofsky  , film surréaliste sur les mésaventures d’un mathématicien qui découvre la périodicité du nombre, rencontre entre dieu, la bourse, la martingale, l’occulte et la folie. Noir et blanc délirant, je recommande/

Le courage me manque cruellement…

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